Pertinents et Impertinents

insolite, humour, etrange et merveilleux, le carnet decale de Natacha Quester-Semeon depuis 1995
Mar 26

L'amour est-ce politique ?

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Dans "Théorème" de Pier Paolo Pasolini, Terence Stamp est un envoûtant ange silencieux qui brise les barrières sociales et entre les sexes dans une famille de la grande bourgeoise italienne qui étouffe sous le poids des convenances et des carcans. Cet inconnu, qui fait tomber tous les membres de la famille un à un (y compris la gouvernante), représente cette libération sexuelle des années 60 et 70. Dans les années 80, on a pu voir toute une génération de brillants et lumineux trentenaires tombée sous l'épidémie du Sida qui a privé notre société de quelques esprits fulgurants. On peut se demander si cela n'aurait pas un peu provoqué le grand creux des années 90. La société de consommation nous impose une image violente des rapports et nous inculque une modélisation très forte, l'homme est objet, la femme est objet, chacun se prend, se jette, s'utilise et ils finissent souvent seuls. Chacun est une marchandise, le summum étant le service de rencontre Meetic. Les rapports hommes-femmes au fond se sont masculinisés. Quarante ans après la révolution sexuelle (et cette mythique et bien française génération 68 qui ne cesse de nous raconter sa glorieuse jeunesse et nous imposer son modèle), on peut se demander si dans la liberté totale, il n'y a pas une forme d'aliénation. Dans ELLE, j'ai lu un entretien de Charlotte Rampling racontant qu'il y a une exubérance dans le discours sur la sexualité et finalement peu de choses concrètes derrière et le refus de l'image de la femme épanouie de 60 ans (alors que les hommes du même âge ne sont pas eux très attrayants). On en parle... on en parle, il y a un discours dominant, extravagant, expansif et souvent peu réaliste. D'autant que les femmes voient bien que les hommes ont peur d'elles et se contentent très bien de leur solitude plutôt que de se confronter à la gente féminine, c'est une forme de tabou moderne. On aime bien ridiculiser les jeunes chrétiens et leurs valeurs. On critique moins les jeunes femmes musulmanes françaises qui dans les banlieues ne peuvent se marier qu'avec un certificat de virginité (voir référence à un doc diffusé par Public Sénat évoqué par Sylvain Attal). Ce qui implique bien des servitudes et des choses que l'on tait. La société est culpabilisante vis-à-vis des célibataires femmes. Et vite, on vous pousse dans le syndrome Brigdet Jones : "il faut pleurer en pyjama avec un grand pot de glace entre les mains", quitte même à inventer des problèmes : femme + trentenaire + célibataire = attention danger, vite prenez-vous la tête, l'horloge biologique n'attend pas, trouvez un mec et faites un môme vite fait et tout ira bien. Quant aux garçons, ils aiment nous donner l'image du célibataire à la vie dissolue que tout le monde apprécie, bien de ceux-là jouent jusqu'à la quarantaine ou la cinquantaine et, affaiblis, finissent père sur le tard avec une jeunette qui les domine secrètement. Car ils ne supportent pas les femmes de leur âge et les intelligentes le leur rendent bien. Tout ça pour ça ! Il y a une forme de normalité à afficher pour s'affirmer : un besoin de s'étiqueter hétérosexuel, homosexuel, féminin, masculin, vous obligeant au passage à choisir une communauté donnée quitte même à le surjouer et si l'on ne sait pas trop où vous en êtes, on ne vous aime pas. Ce week-end, un article paru dans Libération "L'abstinence n'est pas un drame" (imaginez ça dans le journal de July !) donne un petit coup de lumière original. Ce n'est pas un journaliste de La Croix qui sort ce bouquin "No Sex Last Year" (La Vie sans sexe), c'est David Fontaine qui travaille au Canard enchaîné. Il a fait le portrait de douze trentenaires abstinents pour quelques temps. Petits extraits de l'entretien : "Fini l'insouciance, les «no sex» refusent de dissocier le sexe de l'amour. En filigrane, c'est aussi la divergence entre les sexes qui rend la rencontre plus compliquée. Face aux exigences contradictoires imposées par la société, les femmes comme les hommes sont dans une phase de transition. Ce réajustement est propre à cette génération". "Ces trentenaires sont un peu les enfants perdus de la génération de 68, qui a fait vaciller le modèle du couple. Leur abstinence peut être perçue comme une réaction de rejet face au modèle de liberté sexuelle hérité de leurs parents. En résistant passivement, ils remettent ainsi en cause le dogme de la prétendue normalité sexuelle et cette logique capitaliste de l'économie libidinale, qui détourne le désir pour faire vendre." Tiens donc, il semblerait que l'on se rende compte peu à peu que des gens peuvent refuser comme une posture politique le modèle établi de cette société de la consommation et de la compulsion sexuelle. Va-t-on cesser de culpabiliser ceux qui ne veulent pas tout, tout de suite et avec n'importe qui ? Tous ceux-là n'osent pas parler. Une jeune femme célibataire (et abstinente) doit pleurer toute seule dans son lit. Un jeune homme dans le même cas doit surtout dissimuler, de crainte de ne pas passer pour un vrai homme auprès de ses copains et des autres. Cette hypocrisie serait culpabilisatrice. On peut penser le contraire : ne pas être esclave du diktat des plaisirs immédiats, une forme de résistance secrète... Une forme aussi de maturité neuve, voila du vrai, du sincère, de l'amour (car au fond, c'est aussi de cela dont il s'agit, d'affection, de tendresse et d'amour). Certains liens de dépendances ancestraux se dissolvent, on ne dépend plus économiquement les uns des autres, ni sexuellement (sexe et pouvoir). Là, une page nouvelle pourrait s'écrire, les relations gratuites, indépendantes et finalement bien plus libres puisque consenties librement. Mais la liberté fait peur autant dans les années 60 que dans les années 2000... Je pense qu'un modèle plus féminin va s'imposer dans notre société. Et que le modèle dominant-dominé est amené à disparaître dans l'évolution humaine. Photo : Campagne d’affichage gracieuse "Et si on parlait d’amour...", Les Humains Associés, 1988, photo de Natacha Quester-Séméon-H.A [MàJ] 9 juin A ce sujet : Figaro Madame : No sex in the city, à propos du livre de Jean-Philippe de Tonnac "La Révolution asexuelle". La vie sans sexe, OkCowBoy. S'ouvrir au plaisir sexuel
Feb 1

Meetic : La société secrète des cœurs perdus

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"Plus jamais seuls", proclame la campagne de pub du service de rencontre en ligne Meetic. Une accroche qui non seulement pose la question de la marchandisation des relations affectives, mais interroge aussi sur l’usage des données personnelles et le droit à l’image des utilisateurs. Autour de nous, il y a comme un mouvement souterrain, quasiment une société secrète dont les millions de membres parlent peu, sauf entre eux ; elle est rejointe chaque heure par 800 nouveaux adeptes. J’ai nommé : Mystific. Peu à peu, on récolte des témoignages. Une jeune femme qui travaille dans les médias raconte : "C’est la mode au bureau, on me dit : tu es toute seule comme moi, ouvre un compte chez eux, c’est fun". Une autre, dans le monde du spectacle : "C’est vrai, je réalise que tel, tel et tel m’ont présenté leur petite amie du moment, toutes rencontrées en ligne sur Mystific". Une autre, travaillant dans l’informatique : "Les hommes ne draguent plus, ils sont passifs, beaucoup de filles s’en plaignent entre elles". Discussion avec une jeune inconnue croisée au supermarché : "Ils sont où les hommes ? Je regarde ci et là, je ne les vois pas. Mais où peut-on les croiser ? Ils nous parlent même plus". Je lui réponds : "Derrière leur ordinateur, à pianoter, pour chercher les autres, celles qui se baladent sur la toile". Or, Mystific est un service en ligne qui compte 14 millions de profils, il y a de tout et de tous les âges. Cherchez un peu, vous trouverez des beaux gosses dans la fleur de l’âge, bien comme il faut et installés (c’est indiqué dans leur profil). A priori, on ne les imaginerait pas deux secondes recourir à un tel service payant, on ne croirait pas même qu’ils soient eux aussi célibataires (comme quoi, les filles...). Mais que font-ils là ? "Il y a 80 % d’hommes sur le site, indique un témoin. Dès qu’il y a une femme nouvelle qui arrive, ils se ruent dessus, car ils ont des alertes pour voir les nouvelles recrues, on se sent chassé tout de suite". Ici, ils sont autorisés à se comporter comme des mâles à la recherche de femelles (et réciproquement d’ailleurs, égalité oblige), comportement qui, dans notre société métrosexualisé, est refoulé - même si on fond, les femmes aiment bien un peu de virilité. Une femme peut recevoir entre 400 à 800 courriels de réponse en une semaine. On propose donc un soin pour pallier la solitude, la détresse humaine. Parmi les clients, il y a aussi ceux qui sont là pour rencontrer des gens, et surtout parler... En France, il y a 10 millions de célibataires, qui représentent plus de 13 % de la population. Un foyer sur trois est une personne seule, et un sur deux à Paris. Une consultante déclare in Le Monde : "Le célibat a des valeurs anti-âges : à 45 ans, il a les mêmes valeurs que les jeunes de 20 ans" [...] Les célibataires cherchent à cultiver leur différence, veulent vivre des émotions, être reconnus par la société". On nage en pleine "adulescence", et le marché est prometteur : 100 millions de célibataires en Europe. Le neuromarketing a élaboré en laboratoire un service extraordinaire, avec une série de tours de magie tout à fait remarquables. Le premier tour : ils ont déringardisé le principe même "d’agence de rencontre". Second : le sujet est sensible chez le client qui a un fort rapport affectif au service, vous critiquez le site, vous touchez aux personnes : lui et les autres (copains, conquêtes, etc.). Troisième : il est fort difficile de vendre des contenus et des services sur le Net et de gagner de l’argent, car les internautes sont habitués au modèle gratuit. Mais il y a une exception, qui est une poule aux œufs d’or : le domaine de l’intimité, incluant tous les services réservés aux adultes (historiquement technologie et sexe sont très liées, puisque c’est hyper rentable, ça fait vendre des équipements : le magnétoscope VHS, le Minitel, Canal +, le DVD, télé câble et satellite, Internet, dès à présent, les services de téléphonie mobile, le podcasting, demain, l’hologramme, la réalité augmentée...). Ces services un peu tabous, les clients sont disposés à les payer au prix fort, ce qui n’est pas le cas pour bien d’autres produits. Quatrième : comme vous permettez à des millions de gens de se parler dans le flux énorme d’échanges, il y a des jolies histoires et des mariages. En vitrine, on vous met en scène les belles histoires (témoignages de clients) qui font rêver les hommes et les femmes (pas seulement les Cendrillon). Comme les gagnants du loto, on vous montre qu’il y a les chanceux : 100 % des gagnants ont tenté leur chance, n’est-ce pas ! Preuve donc que ça marche... Cinquième : Le client remplit une fiche qui sera utilisée par la société à de multiples fins commerciales (j’y reviendrai plus loin). Il fournit lui-même des infos personnelles très pointues (même si tout le monde ne dit pas l’absolue vérité, ça aussi, c’est calculé). Les articles de presse ne manquent pas pour nous raconter en détails le parcours des célibataires de tous types qui consomment du Mystific. Ce service compte 14 millions d’abonnés, dont 4 millions de Français (on n’est pas loin d’un célibataire sur deux inscrits en France) et chaque jour, 18 000 nouveaux clients s’inscrivent, 300 000 clients payent tous les mois 30 euros. Cette succès-story a quelques zones d’ombre. Ce qui est moins glamour - et dont le client ne se vantera pas, et que les journalistes n’évoquent pas non plus - c’est le rapport à l’argent dans cette communauté virtuelle et la protection des données personnelles. L’utilisateur paye un abonnement qui comprend des crédits. Avec cette monnaie virtuelle, vous achetez des opérations (lecture de fiche, modification de votre profil...). Le profil comprend quatre-vingt critères différents, que la personne choisit de remplir ou non. Cela comporte la description physique et de nombreuses informations : fumeur ou non, revenus, niveaux d’études, signe astrologique, religion, désir d’enfants, centres d’intérêts, région, photos sous toutes les coutures, etc. Vous faites passer un casting rationnel à votre conquête virtuelle. Le summum est de cliquer le bouton "zapping" et de voir une sélection de photos d’abonnés apparaissant au hasard (j’en ai eu le frisson). Pas de problème, cette conquête future est là pour ça, vous aussi ! Pas d’ambiguïté, c’est "plug and play". On évite donc une perte de temps : rencontrer l’autre au hasard, faire le tri, découvrir des éléments de base pour s’en faire une idée (le profil est pratique), c’est le principe même du « speed dating ». C’est donc un environnement très sécuritaire, stérilisé et réconfortant (il paraît). Vous contrôlez tous les maillons de la chaîne, calmement protégé chez vous, avec votre petit écran, votre pseudo et votre avatar au singulier ou au pluriel (certains utilisant plusieurs identités). On pourrait me rétorquer que je suis moraliste, voire réac, et que chacun fait ce qu’il veut. Pour répondre, je dirai que je trouve plus que surprenant que nous soyons une majorité à protester - dans le discours du moins, et cela, qu’on soit politisé ou non - contre la marchandisation du monde, le mercantilisme à outrance, à refuser que les êtres soient considérés comme des objets consommables et jetables, notamment dans le monde du travail. Dans ce cas, nous avons affaire à un supermarché relationnel qui a privatisé Cupidon ! Et personne ne semble protester. Pourtant, le modèle de société véhiculé est antihumaniste : nous sommes les uns et les autres des objets, et non plus des sujets. Chacun s’affiche dans un étalage, pèse et sous-pèse, compare les prix dans les vastes rayons et joue à la compétition. Et ces pratiques se généralisent. Des jeunes gens vont s’initier aux contacts humains, affectifs et amoureux à travers les technologies, devenir des clients dépendants à vie. Ce sont des soins palliatifs, qui peuvent induire une dépendance et des comportements compulsifs, comme les subissent ceux qui consomment des médicaments ou des drogues variées. Cela revient aussi à déléguer un secteur essentiel dans la vie (l’affectif) à des sociétés commerciales : Mystific est le Google de l’amour. À terme, je crains même que cela ne favorise la désensibilisation, et même l’anesthésie des esprits. Vous pensez que j’exagère ? Pourtant, vous avez dû faire un constat proche de celui-ci : en France, on sent un état léthargique. Mais je me pose une question : comment peut-on être réceptif, réactif et impliqué face à certains problèmes humains (montée des extrémismes religieux ou politiques, inégalités, effondrement des partis, système représentatif déclinant, la pauvreté, les gens qui meurent de faim, de maladie, les problèmes écologiques et j’en passe), donc sensible au monde, si sa propre vie affective est en restructuration, qu’elle est précarisée et subit même du dumping émotionnel ? Bref, si vous êtes en pleine bataille pour combattre le mal-être du moi-je, le monde vous importe peu, pas plus que votre environnement proche (les élections ou la santé de votre voisin par exemple). Ces problèmes et ces souffrances sont réels. Mais cet égocentrisme a des effets sur la société : l’individualisme l’emporte sur l’universel. Il favorise, je pense, une montée de l’impuissance (dans tous les sens du terme). Alors, il suffit que vous voyiez un homme qui joue l’autoritaire, et tout le monde craque (il pourrait même devenir président de la République). Tous ces arguments n’auront pas nécessairement prise sur le client de Mystific. Alors, il reste le dernier : l’utilisation qui est faite des données personnelles. En lisant le contrat du service, on découvre un pacte faustien : le client cède son droit à l’image à vie, sur tous supports, et permet la revente de ses données personnelles, à tel point qu’on peut se demander si c’est légal en France, tellement les termes sont américanisés. N’importe quel client peut donc retrouver son portrait dans une pub télé ou presse pour vanter les mérites du service. Les données peuvent être aussi louées pour de multiples applications (non précisées) et si la société change de propriétaire, les données sont vendues avec. Selon certains, un profil client vaudrait plus de 100 euros l’unité. Mystific vient d’entrer en Bourse. Le premier jour de cotation, l’action a fait un bond (+9,87 % par rapport au prix initial) ! L’entreprise vaut 356 millions d’euros, et son fondateur détient plus de la moitié des parts. Le système était déjà parvenu à vendre plusieurs choses gratuites à l’origine : l’eau et l’espace par exemple. Maintenant, on nous vend du relationnel ! On n’arrive plus à se parler ? Alors, jouons à la roulette de nos sentiments. Vous êtes joueur, seul et mal-aimé, alors prenez-le dessus et jouez avec les autres, soyez dominateur. Mais qu’avons-nous fait ? Quelle erreur avons-nous commise pour tomber dans telle incommunicabilité ? Nous, les femmes, que fait-on payer ? Des pères absents ? Des parents copains ? Des hommes qui nous empruntent notre sensibilité féminine ? Une société qui nous oblige à devenir dures, à nous nier, pour nous faire une place ? Et les hommes, au fait, que disent-ils ? Un ami réalisateur de cinquante ans constate : "Partout, même aux États-Unis, les femmes sont devenues agressives, sur la défensive. Le contact est difficile, on n’arrive plus à dialoguer". Un auteur de quarante ans : "Ce sont elles qui viennent nous chercher". Un dessinateur de soixante ans : "Les femmes et les hommes ne parviennent plus à se parler, elles veulent nous casser. Et les services en ligne ne sont que des compensations. J’ai des amis qui en prennent plein la tête. Plaqués trois fois de suite avec Mystific en quelques mois". Il y a des dégâts des deux côtés de la tranchée. Comment se parler à nouveau ? Qui va recoller les morceaux ? Comment se rééduquer ? Malgré ce constat glacé, la partie n’est pas perdue. Une évidence : toute la planète ne se torture pas le nombril avec ces questions occidentalisées. Les sentiments humains ne sont pas reproductibles in vitro, la vie a besoin de diversité, l’amour ne se commande pas. Nous sommes des animaux sociaux, et avons besoin des autres pour vivre. Les cœurs ont une flamme qui ne s’éteint pas si facilement, il y a, en chacun, une part d’humanité qui fait de nous des hommes, des êtres sensibles, non des machines. Natacha Quester-Séméon (Merci aux amis et aux inconnus pour leur témoignage, ainsi qu’aux contribueurs des forums des Humains associés pour leur réflexion. Cet article a été aussi publié sur AgoraVox. Les chiffres indiqués datent d’octobre 2005, texte V.1.5) Quelques références : Les entreprises chérissent les célibataires (Le Monde) La nouvelle drague (l’Express) Annexes : Contrat de Mystific : "5.3. Qui a accès à ces informations ?" (extraits). 3. M. peut parfois partager des informations sociodémographiques générales non nominatives avec des partenaires sélectionnés pour leur permettre de cibler leurs annonces (par catégories d’âge, de sexe, etc.). Dans ces cas, nous ne leur transmettons pas d’informations qui leur permettraient de vous identifier. 4. Les informations composant vos annonces et critères de recherche et votre présentation sont accessibles sur M., sur le Web, par e-mail (newsletters), par téléphone mobile ou sur le Service Audiotel (service téléphonique surtaxé) de M.. En outre, ces données sont susceptibles d’être diffusées par nos soins ou par le biais de nos partenaires auprès de personnes intéressées par M., par le biais de newsletters ou de sites Web tiers ou par toute voie de communication électronique (e-mail, SMS, etc.) ou audiovisuelle (radio, télévision, etc.), ou de presse (journaux, revues, etc.) [...] http://www.meetic.fr/misc/conditions_v.php (ne manquez pas la suite) — "On prend le plus grand soin de vous empêcher d’aimer exagérément qui que ce soit. Il n’y a rien qui ressemble à un serment de fidélité multiple ; vous êtes conditionné de telle sorte que vous ne pouvez vous empêcher de faire ce que vous avez à faire. Et ce que vous avez à faire est, dans l’ensemble, si agréable, on laisse libre jeu à un si grand nombre de vos impulsions naturelles, qu’il n’y a véritablement pas de tentations auxquelles il faille résister. Et si jamais, par quelque malchance, il se produisait d’une façon ou d’une autre quelque chose de désagréable ; et bien, il y a toujours le soma qui vous permet de prendre congé, de vous évader de la réalité." (in Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley, page 398/99- aux Editions Plon) Photo : Campagne d’affichage gracieuse "Et si on parlait d’amour...", Les Humains Associés, 1988, photo de Natacha Quester-Séméon-H.A

About Natacha Quester-Séméon

General Director at I-Marginal (@imarginal), Head of CultureClic.fr (@cclic). Digital strategist and producer, journalist, blogger MemoireVive.tv (@memviv)

She is Secretary General of the humanist non-profit network & NGO "Les Humains Associés" ("The Associated Humans" / @leshumains). Co-lead the network GirlPower3.0 (@girlpower3) with women interested in Internet, business and society.

Chroniqueuse radio (j’ai été la spécialiste culture et innovation de l'émission "Bienvenue chez Basse" sur Europe 1). Les podcasts des chroniques et débats sont ici).

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